Billets de grossesse #2 : le premier trimestre

Billet de grossesse #2 : le premier trimestre

29/05/2019

Avant de vous raconter comment s’est passé mon premier trimestre il faut que vous sachiez deux choses. Premièrement cette grossesse n’étant pas spécifiquement prévue, même si je ne faisais pas grand chose pour « l’éviter ». Je n’étais pas dans une dynamique de conception à tout prix, j’ai juste laissé les choses se faire naturellement. C’est d’ailleurs le deuxième point que je voulais aborder avec vous, je n’utilisais absolument aucune contraception depuis plus d’un an mais je faisais attention à mes cycles et savait à peu près quels étaient les jours où j’étais susceptible de tomber enceinte. J’ai appris à comprendre les changements que subissait mon corps pendant le cycle et savait reconnaitre les jours où j’ovulais. Comme mon envie de tomber enceinte ne s’était pas encore fait ressentir, j’ai tout simplement été abstinente pendant cette période de plus ou moins une semaine chaque mois et ça faisait le job. Sur les derniers mois j’ai arrêté de faire attention et me suis peut-être inconsciemment ouverte à l’éventualité d’une grossesse. Ce qui est un peu curieux dans mon cas, c’est que je ne saurai absolument pas vous dire si je suis tombée enceinte immédiatement ou au bout de plusieurs cycles, c’est quelque chose que je ne saurai jamais et finalement tant mieux. 

J’ai compris que j’étais enceinte relativement tôt, encore une fois, car je connais bien mon corps et ses symptômes et que j’ai eu la chance d’avoir des cycles assez réguliers dans les mois qui ont précédés ma grossesse. Au bout d’une semaine de retard j’en étais convaincue, tiraillement dans le bas du ventre sans aucune trace de règles et douleurs lancinantes à la poitrine. J’ai acheté un premier test à la pharmacie pour confirmer, un autre le lendemain avec le petit tableau numérique qui indique depuis combien de temps, et le verdict était clair, j’étais enceinte de deux/trois semaines. J’ai accueilli la nouvelle de façon assez neutre, ce n’était pas concret pour moi, un peu trop tôt pour se réjouir, j’appréhendais un peu de me projeter alors que cet être en moi n’était qu’à l’état de cellules, si fragile.

Une semaine après les tests, nous décollions, mon mari et moi, pour deux semaines en Thaïlande. Heureusement nous avions prévu des vacances détente et je ne ressentais pas grand chose niveau symptômes… pour le moment ! Et c’est là, en plein Bangkok (ville que je vous déconseille soit dit en passant) face à mon premier curry vert, un de mes plats préférés de la vie, que cela s’est déclenché. Impossible d’avaler ça ! J’ai d’abord pensé que la qualité des légumes étaient en cause, ce qui doit probablement être en partie vrai, mais quand j’ai eu la même réaction tout le long de mon séjour dès qu’on me mettait devant des plats thaï. J’ai alors compris. Mon corps avait décidé de rejeter une de mes cuisines préférées 😱. Je me suis contentée de pizza et de cheese naan quasiment tout le long de mon séjour. J’ai heureusement pu manger plus sainement et sereinement sur l’île de Koh Phangan où l’on trouvait assez facilement des restaurants « healthy ». Ajoutez à ce dégoût de la nourriture, un dégoût profond de toutes les odeurs qui m’entouraient (sachant que j’ai déjà l’odorat très développé, étant enceinte je ne vous raconte pas) et une fatigue extrême. J’ai clairement passé mes vacances à crever la dalle et à dormir 😂 ! Qu’est-ce que j’ai détesté ce voyage. Ne voyagez jamais pendant votre premier trimestre, jamais !

De retour à la maison le 29 décembre, il m’a fallu deux semaines pour me remettre du décalage horaire et les vrais problèmes ont commencé… Je ne pouvais absolument plus rien avaler. Cuisiner était devenu une expérience olfactive des plus épouvantables. J’ai commencé à avoir des nausées du matin au soir et du soir au matin. J’avais l’impression constante d’être sur un bateau qui tanguait dès que je posais le pied hors de mon lit.  Et j’ai vomi. Quasiment tous les jours. J’en pleurais tant je me dégoutais puisque je suis (du moins j’étais) émétophobe. L’avantage c’est que je n’ai absolument plus peur de vomir, au moins cela m’aura servie de thérapie ! Forcée mais efficace 😅. J’ai commencé à me sentir mal chez moi, à détester l’odeur « naturelle » de ma maison sans pouvoir lutter contre puisque les bougies et l’encens sentaient trop fort et me donnaient des nausées. Réjouissant pas vrai ? Autant de symptômes qui m’ont clairement fait détester le fait d’être enceinte. Je me demandais comment on pouvait consciemment faire le choix de faire plusieurs enfants après avoir expérimenté ces sensations ! S’ajoutait à cela une profonde remise en question de mon avenir et des angoisses oppressantes quant à mon boulot dont je vous parlerai dans mon prochain billet. C’était une période MER-VEI-LLEUSE ! Je me rends compte en écrivant ces lignes que je dois calmer les ardeurs maternelles de pas mal d’entre vous hahaha ! Je vous rassure ça va beaucoup mieux, mais je crois qu’il est important d’arrêter d’idéaliser la grossesse. Non, toutes les femmes n’aiment pas être enceinte et ne vivent pas ces 9 mois comme un moment de grâce.

Côté médical, dès la rentrée de janvier j’ai effectué une prise de sang pour confirmer la grossesse de façon officielle et ai enchaîné avec les analyses classiques. Fun fact : je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose bien qu’étant entourée de 4 chats au quotidien, monsieur se tape donc la litière seul depuis des mois 😈. Mon premier contact a été le médecin traitant de mon mari, très traditionaliste, qui en 10 minutes de consultation m’a servi un discours tout fait et m’a poussé a rapidement effectué le test de la trisomie dont le nom m’échappe. J’ai attendu de me tourner vers une sage-femme compétente avant de prendre quelconque décision. Sage-femme que j’ai trouvé à quelques minutes de chez moi via le merveilleux site Gyn&Co. Elle m’a expliqué que j’étais libre de le faire ou non, a été tellement douce, beaucoup plus pédagogue et m’a rassuré sur la suite des évènements. Tout allait bien, tout allait mieux, mes angoisses au sujet de la santé du bébé étaient calmées même si physiquement pour moi ce n’était pas la joie. Parallèlement mon amie naturopathe Sarah a mis en place un programme d’hygiène vitale dédié à mon premier trimestre en prenant en compte toutes mes difficultés. J’ai également pu bénéficier d’une séance de sophrologie qui m’a fait le plus grand bien. Si vous êtes en région parisienne n’hésitez pas à vous adresser à elle, en particulier si vous êtes enceinte ou jeune maman car c’est son domaine de prédilection (cliquez ici pour accéder à son site).

Cette période assez compliquée qu’a été mon premier trimestre a duré jusqu’à la mi-février. Les six premières semaines de cette année 2019 ont clairement été un enfer. Le côté positif  d’avoir été clouée au lit est que j’ai réussi à engloutir l’intégralité de Friends et j’ai adoré ma vie à ces moment là haha ! Bon je n’ai évidemment pas pris un gramme, j’ai même perdu un kilo ou deux mais tous les voyants étaient au vert et c’était l’essentiel. Cependant même si physiquement je savais que j’attendais un enfant, je vous avoue que je n’arrivais toujours pas à concrétiser l’idée. Mon corps n’avait pas encore changé et je ne me projetais toujours pas. En fait, je crois qu’émotionnellement je ne réalisais pas, et les symptômes physiques étaient tellement prenants que je n’avais pas la force de commencer à nouer quelque chose avec le petit être qui se développait à l’intérieur de moi. Peut-être était-ce encore trop tôt, pas assez concret ? Je ne sais pas vous dire. Je me suis posée pas mal de questions. Et je me suis demandée si définitivement je n’étais pas dénuée de ce foutu instinct maternel. Peut-être ne s’éveillerai-t-il jamais ? (Vous pouvez lire mon premier billet à ce sujet ici).

Spoiler alert les choses ont évolué positivement, mais ça, c’est l’objet d’un prochain article 😉.

Je vous remercie pour les nombreux retours plus que positifs que vous avez réservé à mon premier billet, je suis si heureuse que cette façon de me raconter et de raconter ma grossesse vous plaise. J’espère que vous accueillerez cette suite avec autant d’enthousiasme. 

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2 Commentaires

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