grossesse avenir professionnel

Billet de grossesse #3 : et mon avenir professionnel ?

14/06/2019

Lorsque j’ai appris ma grossesse, j’exerçais le métier de free-lance en webmarketing. J’avais des clients réguliers et j’ai même réussi à décrocher un super contrat avec une belle marque de cosmétiques green quelques jours avant d’apprendre la fameuse nouvelle. L’essentiel de mes revenus provenaient de cette activité et l’essentiel de mon temps était dédié à mes clients. Presque deux ans après m’être lancée dans l’aventure de l’auto-entreprenariat, j’ai réussi à trouver un équilibre pour en vivre, sans forcément rouler sur l’or, mais de façon convenable. Le blog et la création de contenus étaient devenus des activités pour lesquels je n’avais plus le temps ni la motivation. Et autant vous dire que lorsque vous gérez les réseaux sociaux de vos clients toute la journée et que vous produisez du contenu pour eux, vous n’avez plus de jus créatif ni d’énergie pour vos propres projets, ou du moins c’était mon cas. Alors pourquoi je vous parle au passé de ces choses-là ? Tout simplement parce que j’ai remis en cause absolument tout mon avenir professionnel lors de mon merveilleux premier trimestre.

Dans le coltar une grande partie de mes journées (et nuits), je n’arrivais plus à me mettre devant mon ordinateur. Mes mails s’accumulaient, je recevais des SMS de mes clients et bien que cela m’oppressait je n’y arrivais plus, c’était au-dessus de mes forces et de mes capacités cérébrales de répondre à ces demandes. Ouvrir ma boîte mail m’angoissait. J’ai essayé tant bien que mal de remplir mes missions : prendre des photos pour untel, faire le SEO des pages web pour un autre, animer les réseaux sociaux de cet autre… mais au bout de quelques minutes je quittais mes outils de travail pour aller m’allonger et juste dormir. J’avais l’impression que cela me pompait le peu d’énergie que j’avais en stock. Et le plus problématique lorsque vous êtes enceinte de seulement quelques semaines c’est qu’il y a toujours cette peur latente de faire une fausse-couche et d’alarmer la terre (et en l’occurence mes clients) pour « rien ». J’ai essayé de tenir tant bien que mal jusqu’à fin janvier et je dois avouer que je n’ai pas été très professionnelle pendant cette période. J’ai fait peu et n’ai pas respecté les deadlines imposées. Je me sentais tellement nulle. Non, soyons franc, je me sentais comme une merde.

Le truc avec le fait d’être à son compte c’est que finalement si je ne fais rien et bien je ne gagne rien et c’est typiquement cet impératif qui a commencé à m’angoisser. Et puis les réseaux sociaux n’aidant pas j’ai eu l’impression d’être la seule femme enceinte incapable de tenir mes engagements professionnels. Je me comparais à ces femmes qui arrivent à tout gérer en étant mère de famille/blogueuse/entrepreneuse et enceinte. Je me suis aussi comparée à toutes ces femmes qui prenaient le métro le matin pour aller bosser pendant que moi, qui avait la chance de travailler de chez moi, je n’y arrivais pas. Et enfin je me suis comparée à ma mère, une vraie force de la nature, qui en tant que femme de ménage, a bossé jusqu’au bout de ses deux grossesses. Je me suis sentie comme une incapable. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais aussi faible. Et toutes ces pensées se sont entremêlées dans ma tête et ont fait de cette période dure physiquement, une période dure psychologiquement #mentalbreakdown. Heureusement je suis bien entourée. Une pensée particulière à mes amies Fatima et Sarah qui recevait tous les jours des audios WhatsApp qui puaient la déprime et qui me remontait le moral 😂 .

À force de tout ressasser dans ma tête, j’ai compris. Je suis quelqu’un qui vis avec une charge mentale énorme (comme toutes les femmes d’ailleurs) et j’ai compris que je ne pouvais décemment pas gérer l’arrivée de mon premier enfant, mes clients en free-lance, mon foyer, mon métier de blogueuse que je ne voulais pas lâcher. Et honnêtement, cela faisait des mois que je ne prenais plus vraiment plaisir à effectuer mes missions. Le stress, la charge mentale et le côté « alimentaire » de ces contrats avaient pris le pas. J’avais le sentiment d’être de nouveau la Asmae salariée, qui n’aimait pas ce qu’elle faisait mais qui le subissait et surtout le faisait parce que bon, il fallait bien bosser. Après avoir discuter avec ma soeur, mon mari, mes parents et mes amies les plus proches, pour leur demander leurs avis. Après avoir pesé le pour et le contre, ma décision était prise. Il était temps que j’arrête ou que tout du moins je mette en pause cette activité qui ne m’apportait plus autant de plaisir et qui était une source d’angoisse et d’oppression quasi-quotidienne pour moi à cette période. Et est-ce qu’avec tout ce qui m’arrivait j’avais besoin de stress supplémentaire ? Nope. Après des jours et des jours à fignoler mon mail de rupture, j’étais prête à arrêter.

Vous savez ce qui m’a finalement fait changer d’avis ? Je savais que quelques mois plus tard, à l’arrivée de mon bébé, je ne pouvais plus être disponible pour mes clients. Je sais qu’en plus d’un congé maternité (de 44 jours en auto-entrepreneur ahem 👀) j’ai besoin de beaucoup plus de temps pour me consacrer pleinement et entièrement à ce nouveau rôle de mère qui m’attend. Finalement les quitter maintenant pour pouvoir vivre une grossesse plus sereine était logique. Je me disais que j’avais la chance de pouvoir me passer de ces revenus tout en prenant pleinement conscience que j’allais devoir faire pas mal de sacrifices, mais à partir du moment où j’étais en phase avec cette décision tout s’est imbriqué parfaitement. Parce que oui, ces deux dernières années mon blog était secondaire, mais finalement lui aussi pouvait m’apporter un petit confort financier. Les collaborations rémunérées ne pleuvent pas sur les blogueuses éthiques, mais il est possible de ne pas trop mal s’en sortir. Et puis surtout, j’ai été plus qu’heureuse de me dire que j’aurai enfin plus de temps à consacrer à cette activité que j’adore. Plus de 5 ans après, et malgré les nombreuses déviations de mon parcours professionnel, j’en reviens toujours au même point : ce qui me fait vibrer, ce que j’ai envie de faire c’est de construire du contenu et des projets pour vous et avec vous.

Je suis profondément croyante et j’ai confiance en Dieu lorsque je suis face à ces aventures inconnues que sont la maternité et mon avenir professionnel. Je suis dans une dynamique très simple où je me dis qu’en cas de besoin les propositions arriveront et je peux vous assurer que c’est ce qui m’arrive tous les mois depuis que j’ai pris cette décision. À chaque fois que je m’inquiète de ma stabilité financière, je reçois une proposition et je suis toujours emplie de gratitude. Et que vous soyez croyant.e ou non, l’idée est de vous faire confiance et de vous dire que si vous êtes en phase complète avec ce que vous faites, le chemin sera peut être plus long, plus difficile mais ce sera le bon. Après ces mots très spirituels, je tiens quand même à souligner que bien que j’ai plus de temps à consacrer à mon activité de création de contenus, je reste la blogueuse la plus irrégulière du game ! Il y a des choses qui ne change pas 😂 !

Et vous vous est-il déjà arrivé de remettre en cause votre avenir professionnel lors de moment charnière de votre vie (grossesse ou autre) ?

 

Partager:
Article précédent

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire ♡