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Pourquoi bannir les silicones de vos soins capillaires ?

02/11/2018

Après avoir analysé ensemble les tensioactifs, je vous propose de nous intéresser aux silicones. Ingrédient phare de l’industrie cosmétique conventionnelle, les grandes marques usent et abusent de ce composant dans leurs formules. Il faut dire qu’il est très bon marché et qu’il donne une sensation de douceur (oui ce n’est qu’une sensation) aux cheveux. Mais lorsque l’on creuse, on se rend compte que les silicones sont des ingrédients qui ne sont pas forcément bons pour nous et pour la planète bien qu’ils ne représentent pas de danger à proprement parler. Faisons donc un point sur ces fameux silicones. 

Qu’est ce qu’un silicone ?

Un silicone est un polymère inorganique obtenu à partir de Silice/Silicium (composant d’origine minérale) et d’un mélange de Chlorure de Méthyl, issu d’hydrocarbures (de pétrole quoi !). Tous les silicones sont considérés comme “PBT” : Polluants, Bio-accumulables et Toxiques pour l’environnement et ce n’est pas un hasard. En effet, même si les silicones présentent une innocuité certaine sur l’être humain ils sont nocifs pour la planète. Aujourd’hui on les retrouve dans l’air, l’eau et les sols et on ne sait pas comment les traiter. D’où cette notion de bio-accumulation. Ils s’accumulent et créent une pollution atmosphérique et environnementale non-négligeable.  Le risque ? Une perturbation des écosystèmes et une présence sur du très très long terme (on parle en centaine d’années) avant de se dégrader.

Pourquoi les utilise-t-on et pour quelles raisons faut-il les bannir ?

Dans les formulations cosmétiques, les silicones sont utilisés pour leurs propriétés d’agent de texture. Ils permettent de créer de très belles formes galéniques et sont facile à exploiter. Ils servent aussi d’agent filmogène (protège la peau grâce à une “barrière”), de conditionneur capillaire et d’émollients. Mais de façon concrète, les silicones n’apportent rien en termes de bienfaits.

Dans le cas des produits capillaires, les particules de silicone se déposent sur la fibre afin de créer un filme et ainsi redonner galbe et douceur au cheveu. Résultat, la fibre capillaire se retrouve lissée et non hérissée. C’est cet effet qui est vendu comme étant “réparateur”. Mais sachez que le silicone est un leurre qui a pour objectif de remplacer le cuticule capillaire de nos cheveux afin de leur apporter une brillance artificielle signe de bonne santé. En fait il agit comme un “pansement” sans vraiment soigner et pourrait être qualifié de cache-misère.

En réalité, ce film alourdit et dessèche le cheveu, puisque le sébum ne parvient pas à le nourrir naturellement à cause de cette barrière dont nous parlions plus haut. De plus, cet aspect occlusif est un réel problème pour le cuir chevelu, c’est même le principal. Celui-ci se retrouve étouffé, ce qui peut provoquer différentes réactions : cheveux gras voire poisseux, pellicules, ralentissement de la pousse, longueurs sèches … autant de raisons (en plus des raisons écologiques citées précédemment) qui font qu’il est important de les bannir de vos produits capillaires et plus globalement de vos cosmétiques.

Comment les reconnaître ? 

Sur le même exemple que les tensioactifs je vous propose de vous donner quelques clés pour reconnaître les silicones dans vos cosmétiques. Les silicones à éviter sont classés en deux catégories : les huiles de silicones et les silicones volatiles.

  • Les huiles de silicones

Très souvent utilisés dans les produits cosmétiques conventionnelles vous les trouverez dans une grande majorités de produits.

Voici sous quels noms vous pourrez les identifier : Dimethicone, Amodimethicone, PEG-10 Dimethicone, PEG/PPG-17/18 Dimethicone, Methicone, Dimethicone crosspolymer, Dimethiconol. 

  • Les silicones volatils

Appelés aussi Cyclomethicone, cette catégorie de silicones est principalement utilisée dans les produits de maquillage pour leurs propriétés « waterproof ». Toutefois, on les trouve également dans certains shampooings pour lisser la fibre capillaire. Contrairement aux autres silicones, le Cyclomethicone a été classé CMR (Substances Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques)de catégorie 2  en 2008 par le Règlement européen. Cette famille de silicones est suspectée d’avoir un impact sur la reproduction humaine. Il est donc potentiellement probable que cette substance soit listée comme perturbateur endocrinien dans un futur proche.

Voici sous quels noms vous pourrez les identifier : Cyclomethicone, Cyclopentasiloxane, Cyclotetrasiloxane et Cyclohexasiloxane.

  • Les homologues des silicones 

Comme pour les sulfates, il existe des homologues ou remplaçants des silicones. Le plus utilisé est l’Ammonium Quaternaire (dont nous avons déjà parlé ici) sous sa forme brute qui est mélangée à un polymère, plus connu sous l’appellation d’Ammoniums Polyquaternaires. Ils ont des propriétés similaires aux silicones, sont eux aussi agents de conditionnement capillaire et agents filmogènes et comme eux sont  tout aussi occlusifs et nocifs pour l’environnement.

Voici sous quels noms vous pourrez les identifier : Dipalmitoylethyl hydroxyethylmonium methosulfate, Polyquaternium-16, Polyquaternium-30, Polyquaternium-39, Quaternium-80, Cetrimonium chloride, Acrylates/Ammonium methacrylate copolymer, Hydroxypropyl guar hydroxypropyltrimonium chloride, Carbomer 

Comment remplace-t-on les silicones ? 

Certains types de cheveux ont impérativement besoin d’agent de conditionnement capillaire semblables à l’effet des silicones. Les silicones cités précédemment étant prohibés dans les cosmétiques naturels, il existe des alternatives intéressantes pour celles et ceux qui en ont besoin. Ces alternatives permettent de démêler la fibre capillaire, de maintenir la nutrition et l’hydratation et sont particulièrement recommandés pour les cheveux bouclés, crépus et/ou frisés.

Il existe par exemple des agents de textures naturels autorisés dans les référentiels bio, ils permettent de remplacer l’action des silicones.

Voici sous quels noms vous pourrez les identifier : Hydrolyzed wheat protein, Hydrolyzed soy protein, Behentrimonium chloride, Guar hydroxypropyltrimonium chloride, Dehydroxanthan gum, Xanthan gum, Sclerotium Gum

Vous pouvez aussi vous tourner vers les acides aminés qui assurent un rôle de conditionneur capillaire et d’agent antistatique. Naturellement présent dans l’organisme ils sont très bien assimilés par la peau et vous pouvez en retrouver dans certains produits capillaires. Arginine, alanine, valine, serine, proline, cystéine, glutamine, glycine, leucine, thréonine, isoleucine, phenylalanine, méthionine… toutes cette grande famille est naturelle, sans danger et au service de vos cheveux. Petit bonus : l’arginine, a un impact formidable sur la pousse et la méthionine fortifie naturellement le cheveu, grâce au souffre qu’elle contient.

Le Behentrimonium Methosulfate (BTMS) est un agent de texture qui facilite le démêlage des cheveux. Utilisé en combinaison avec de l’alcool gras (Cetearyl Alcohol) il est l’alternative aux silicones que l’on  utilise le plus souvent dans les shampoings et après-shampoings naturels. Attention, bien que naturel, il est, lui aussi, occlusif utilisé en trop grande quantité.

Vous pouvez aussi vous tourner vers des soins enrichis en provitamine B5 (ou panthénol) qui renforcent et embellissent les cheveux.

Vous savez désormais tout sur les silicones et sur les différentes raisons de les bannir de vos shampoings, après-shampoings et masques. Comme pour les tensioactifs, voici une petite fiche mémo à garder précieusement dans votre smartphone pour y voir plus clair.

J’espère que cet article vous aura convaincues, on se retrouve bientôt pour un nouveau billet !

Retrouvez Alexandrine et ses analyses cosmétiques sur Instagram ici. 

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